Défi
Le 13 décembre 2007, Louis Dubé, responsable du comité d’investigations, présente les inscriptions au défi Sceptique depuis le dernier rapport sur cette activité, qui remonte à deux ans.
Bref historique
Depuis 1989, et dans le but de faire avancer la science, notre organisme offre un prix à celui qui pourra démontrer scientifiquement qu’il possède un don paranormal, tel que : télépathie, télékinésie ou voyance. Au départ, le défi proposait de remettre 1000 $ à toute personne passant avec succès un test préliminaire ici au Québec, montant majoré de 100 000 $ par un organisme sceptique belge auquel nous étions alors associés. Pendant cinq ans, de 1995 à 2000, le prix offert par le volet québécois s’élevait à 500 000 $, montant auquel s’ajoutait un prix de 250 000 $ offert par l’organisme de Belgique.
Aujourd’hui, nous offrons comme prix 10 000 $ au Québec et 1 million de dollars US en association avec un organisme américain dirigé par le magicien James Randi, qui offre ce montant – jamais remporté – depuis les années 60 (notons qu’il ne reste plus que deux ans avant que l’offre de Randi ne se termine, soit le 6 mars 2010). Jusqu’à présent, aucun des 150 prétendants au volet québécois du défi n’a réussi le test préliminaire. La plupart des inscriptions au défi ont été répertoriées dans le Québec sceptique.
Récentes inscriptions
Depuis le dernier rapport, qui remonte à deux ans, notre organisme a reçu dix inscriptions au défi. En résumé, sur ce total, on note : trois rejets – la prétention étant incompréhensible ou pouvant être facilement trafiquée (par exemple, une photo d’un phénomène prétendu paranormal) ; cinq abandons – après discussion, le prétendant au défi a ignoré le protocole expérimental proposé et n’a plus répondu à nos courriels ; un échec à un vrai test de guérison à distance ; un test en cours.
Voici un tableau décrivant brièvement ces récentes inscriptions. Nous verrons ensuite, plus en détail, celle qui a échoué.
Guérison à distance
Des guérisseurs, experts en science de l’âme, prétendent pouvoir guérir là où la médecine conventionnelle a failli. Entrant en communication avec nous par Internet, ils nous offrent gracieusement leurs services de guérison à distance. Seules des photos du malade et une description de sa maladie sont requises pour pouvoir amorcer un processus de guérison. Ces guérisseurs sont au courant de notre défi, mais ils refusent le prix offert.
Leur prétention de guérir à distance s’inscrit clairement dans le cadre de notre défi. Nous leur proposons le protocole suivant : guérison d’un sujet atteint de surdité d’une oreille. Le malade devra comprendre de cette oreille des paroles à un niveau moyen de 50 dB. Il se tiendra à deux mètres d’un téléviseur produisant un son mesuré à 50 dB avec un sonomètre. Une personne à l’ouïe normale peut facilement distinguer les paroles à ce niveau sonore. Le malade ne peut saisir les paroles émanant du téléviseur, puisqu’il n’entend de cette oreille qu’un bruit uniforme très faible.
Le protocole fut accepté. L’expérimentateur enverra au guérisseur un rapport d’amélioration de l’ouïe du sujet à toutes les semaines pendant quatre semaines. On conclura alors s’il y a eu amélioration significative ou non.
Après avoir (faussement) « constaté » que la surdité du sujet était attribuable à une faiblesse dans son corps par suite d’un choc émotionnel entre l’âge de 25 et 28 ans, le guérisseur commença à « travailler » sur le sujet chaque vendredi soir. Il nous promet « une forte amélioration d'énergie physique et morale en elle-même qui la fera déjà revivre ».
Semaine après semaine, l’expérimentateur vérifie la compréhension des sons par le sujet selon le protocole établi, mais il ne note aucune amélioration. Au bout d’un mois, l’expérimentateur conclut à l’échec total de l’effort de guérison à distance. Prenant connaissance du résultat final, le guérisseur juge le cas exceptionnel, car « son audition est due aux cellules et que c’est pour cette raison que ça prend du retard ». Il va continuer le traitement encore pendant quelques mois… Un an plus tard, l’ouïe du sujet ne s’est aucunement améliorée.
Conclusion
Au cours des deux dernières années, une dizaine de prétendants seulement se sont inscrits au défi Sceptique de notre organisme. C’est un taux relativement bas si on compare à l’époque où l’on offrait plus d’argent ici au Québec ; on faisait alors plus de publicité pour attirer des candidats. Toutefois, le nombre d’inscriptions demeure stable si on le compare aux quatre années précédentes, au cours desquelles on a compté 19 cas. Le grand nombre de désistements face à un protocole rigoureux explique sans doute les hésitations à s’inscrire de candidats potentiels.