Ufologie
La surprise d’apercevoir un ovni déconcerte. Souvent, on ne peut en expliquer l’apparition soudaine. Toutefois, un grand nombre d’ovnis ont été clairement identifiés. Revue de cas élucidés.
Le phénomène ovni se résume presque toujours à une vision fugitive de lumière céleste qu'on ne peut expliquer. Le fait est simple, et il faut le distinguer du commentaire qui tente de lui donner une explication.
D’objet volant non identifié, l’observateur peut n’en faire que le constat, reconnaître son ignorance, recueillir le plus d’informations pertinentes sur place et chercher, les jours suivants, à se renseigner sur les causes possibles de son observation. Il peut aussi affirmer, sans preuve, qu’il s’agit de la manifestation hautement improbable d’un engin extraterrestre – bien que de nombreuses causes humaines et naturelles soient possibles. Les cas élucidés en font foi.
Certains ovnis sont rapidement reconnus comme de bien ordinaires phénomènes astronomiques ou atmosphériques, surtout si des astronomes ou des physiciens obtiennent des informations suffisantes pour conclure leurs recherches. D’autres observations demanderont aux enquêteurs de minutieuses recherches des causes humaines qui pourront fournir une explication concluante, sinon vraisemblable. Revoyons certaines grandes études qui ont donné des réponses satisfaisantes aux phénomènes observés.
Ovnis identifiés
Une analyse des statistiques du Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (1) indique la fréquence des causes finalement découvertes à l’origine de 393 observations rapportées en France entre 2007 et 2012. Le tableau 1 donne les principales explications avancées. La proportion élevée (33 %) des observations expliquées par le relâchement de « lanternes volantes » étonne ; il faut croire que les Français aiment célébrer de cette façon...
Des enquêtes plus anciennes des années 1950 (le projet Blue Book de l’armée de l’air américaine) et des années 1970 (le UFO Handbook d’Allan Hendry, astronome) indiquent au contraire comme largement prépondérantes des causes astronomiques ou reliées à l’aviation. Le tableau 2 donne les détails : 60 à 90 % des cas qu’on a pu expliquer seraient liés à ces deux causes générales (2).
Des avancées technologiques rendent probablement compte de la plus grande partie des différences entre les études : durant cette période, les satellites autour de la Terre se sont multipliés et les méthodes de détection et d’information se sont diversifiées. Dans ces deux derniers projets, qui au total comptaient respectivement 3200 et 1300 cas, 31 % des cas sont demeurés non identifiés dans le projet Blue Book et 11 % seulement dans le UFO Handbook.
La recherche des causes véritables
Déterminer si l’un de ces facteurs pourrait expliquer convenablement le phénomène observé demande cependant des recherches qui pourraient s’avérer laborieuses. On a habituellement peu d’indices sur place qui nous permettraient de trancher. Admettre son ignorance et entreprendre une étude poussée ne conviendront qu’à un très petit nombre d’observateurs. On succombera alors à la tentation de la facilité en déclarant qu’il s’agit « probablement » d’une manifestation extraterrestre.
Causes humaines
Nous éclairons le ciel de bien des façons. Nous y envoyons aussi de nombreux objets qui peuvent générer leur propre lumière ou refléter celle du Soleil et de la Lune. Comment s’assurer que nous ne créons pas nos propres visions d’ovnis ?
Dans le cas d’une lanterne volante, d’un ballon ou d’une animation lumineuse, il faut déterminer si ce genre d’activité humaine a eu lieu dans les environs. Célébrait-on un événement important en relâchant des lanternes en papier munies de brûleurs au centre ? Les reflets du Soleil sur un dirigeable publicitaire, une montgolfière ou un ballon météo pourraient-ils expliquer notre observation ? S’amusait-on à éclairer des nuages avec de puissants projecteurs au sol ? Des questions qui demanderont probablement plusieurs jours de recherche active avant d’en arriver à une conclusion.
Il demeurera toujours très difficile d’éliminer toutes les causes humaines possibles. Car, il pourrait s’agir des phares d’avions commerciaux ou de reflets sur leur fuselage ; il faudrait alors se renseigner sur les vols dans les environs et l’heure probable de leur passage au-dessus du point d’observation. D’autre part, il ne sera pas aisé d’obtenir des précisions sur les vols d’avions militaires, surtout s’ils effectuaient des tests gardés stratégiquement secrets.
Aujourd’hui, des drones militaires ou civils peuvent donner l’illusion de lumières artificielles, immobiles pendant un certain temps ou s’éloignant tout à coup à haute vitesse. Dans le cas d’expériences militaires, il est peu probable qu’on pourra obtenir les informations nécessaires pour les associer aux observations. S’il s’agit de drones civils, il faudrait communiquer avec ceux qui ont obtenu les permis nécessaires dans la région et leur demander s’ils ont non loin testé leurs appareils.
L’environnement immédiat de la Terre est aussi parsemé de centaines de milliers d’objets qu’on y a mis en orbite depuis une cinquantaine d’années. La lumière du Soleil peut se refléter sur ces satellites artificiels et leurs débris, et nous faire croire que leur éclat provient d’un ovni. La plupart des gros objets sont répertoriés et leur trajectoire connue. Il faut tout de même trouver ceux qui auraient pu causer les lueurs observées et vérifier leur position probable à une heure donnée avant de conclure.
Si ce sont des objets emportés par le vent (éclairés par le Soleil ou des projecteurs) dont on aura perçu brièvement les reflets, il sera malaisé d’en confirmer la source. La force et la direction du vent pourraient à tout le moins rendre cette hypothèse plus probable si ces vecteurs sont conformes à l’observation. On en aura sans doute jamais la confirmation...
Causes naturelles
Un grand nombre de phénomènes astronomiques ou atmosphériques peuvent aussi nous tromper. La liste dressée au tableau 3 en indique quelques-uns.
La planète Vénus et certaines autres planètes pourront donner l’impression, par leur brillance, d’une lumière suspecte dans le ciel. À cause de la rotation de la Terre, ces disques lumineux se déplacent généralement vers l’ouest, ce qui constitue déjà un indice pour les identifier. Tout près de l’horizon, ils pourront même changer de couleur à cause de l’épaisseur variable de l’atmosphère que leur lumière traversera. Si le ciel est partiellement nuageux, ils pourront apparaître et disparaître rapidement de la vue et donner l’impression de mouvement. Pour les identifier, il suffit de consulter un logiciel d’astronomie qui donne la position des planètes à toute heure du jour.
En région montagneuse, les nuages lenticulaires peuvent surprendre par leur forme apparentée à une soucoupe volante. Éclairés brièvement par un soleil couchant, ils donneront l’illusion d’un ovni avant d’être cachés par l’obscurité. Normalement, ils devraient demeurer plutôt stationnaires et ainsi dévoiler leur véritable nature.
Un grand nombre d’autres phénomènes naturels peuvent être pris pour des ovnis : les météorites qui brûlent rapidement en entrant dans notre atmosphère, les plus gros se transformant en boules de feu pour la même raison. Certaines décharges d’électricité statique peuvent aussi apparaître comme des boules de foudre qui se déplacent dans le ciel. Une superposition de couches d’air de températures différentes et certains nuages contenant des particules de glace peuvent refléter des rayons lumineux provenant du sol ; on les appelle communément des mirages et ils peuvent être la source d’ovnis.
Que des oiseaux puissent être pris pour des ovnis peut étonner, mais cela est possible, surtout s’ils volent à plusieurs kilomètres au-dessus du sol. Ils peuvent alors très bien réfléchir la lumière provenant du soleil couchant, un effet d’autant plus perceptible si les oiseaux sont mouillés.
Fraudes et méprises
Canulars et fausses interprétations peuvent aussi facilement nous induire en erreur et nous laisser croire que seule une intervention extraterrestre pourrait expliquer les observations.
Durant les années 1980, les « cercles céréaliers ou de culture » ont mystifié un public crédule pendant des années avant que leurs auteurs aient dévoilé leur plaisanterie. Ces farceurs traçaient de grands dessins géométriques dans des champs de culture en couchant les plantes avec des planches, et cela, sans laisser aucune trace de leur passage. Les médias n’y ont vu qu’une nouvelle sensationnelle et ils ont parlé de signes de provenance extraterrestre, rumeur qui s’est rapidement propagée.
D’autres ont répandu l’idée que les anciennes pyramides n’avaient pu être construites par les populations environnantes qui, selon eux, n’avaient pas une technologie assez développée pour soulever aussi haut d’énormes blocs de pierre pesant des tonnes. C’était faire peu de cas de l’ingéniosité humaine, que des études ultérieures ont abondamment démontrée très polyvalente et suffisante pour ériger ces constructions.
Photos et films truqués ont souvent suscité l’intérêt du public avant d’être dénoncés comme fraude ou malicieuse plaisanterie. Les récits de rencontres avec des extraterrestres, d’enlèvements par des extraterrestres et de bétail supposément massacré par des extraterrestres ne méritent pas qu’on s’y attarde bien longtemps ; leur déroulement apparaît souvent incohérent et leurs auteurs très peu fiables. Naturellement, aucune preuve tangible et convaincante ne vient corroborer des propos aussi improbables qu’extraordinaires.
Trouver l’explication
À la suite de l’observation d’un ovni, que faire d’autre que de tenter d’en découvrir les causes ? La liste non exhaustive des explications présentées donne des pistes de solution. Et si l’on veut vraiment savoir, on ne pourra probablement pas éviter de faire de longues et patientes recherches.
Et si l’on ne trouve pas, devrions-nous nous satisfaire de l’explication d’une visite extraterrestre ? À mon avis, non ! Y avoir recours sans preuve tangible signifie qu’on baisse les bras devant l’inconnu. Qu’il s’agisse d’un ovni ou d’un phénomène paranormal, si on ne peut l’expliquer, on doit admettre notre ignorance et continuer à chercher une explication scientifique – si tant est qu’on ait l’intérêt et le temps de poursuivre ce genre de recherches.
Notes
1. DROUOT, Jean-Louis. OVNI dans nos cieux – Comment les reconnaître ?, Éditions book-e-book, 2013.
2. « Identification studies of UFOs » [En ligne], Wikipédia, 27 avril 2014, 21 h 49. [ http://en.wikipedia.org/wiki/Identification_studies_of_UFOs ] (Consulté le 1er juillet 2014).